Retour sur une mission d’échange d’expériences à Ouagadougou par l’équipe du Samusocial International en Egypte

Les échanges organisés depuis deux ans entre le Samusocial Burkina Faso et le Samusocial International Egypte permettent de développer la réflexion et les pratiques professionnelles. Nos deux dispositifs sont différents dans la mesure où l’équipe égyptienne offre des soins médico-psychosociaux exclusivement en rue alors qu’au Burkina Faso, il existe un centre d’accueil de jour et un centre d’hébergement d’urgence.

Lorsque l’équipe burkinabè était venue nous voir en mai 2012, nous avions échangé sur nos façons de faire de la sensibilisation, l’équipe burkinabè avait présenté les activités qu’elle menait avec le Cinéma Numérique Ambulant. Nous avions aussi discuté du travail en équipe, de l’approche pluridisciplinaire.

Cette année, nous sommes venus observer le fonctionnement de leurs deux centres, nous avons participé aux activités quotidiennes des animateurs et travailleurs sociaux, nous avons effectué deux maraudes de nuit sur des sites où sont notamment présents de jeunes adultes avec lesquels l’équipe a pu connaître des difficultés, nous avons échangé sur les différences et similitudes que nous rencontrons dans notre travail avec les enfants et jeunes adultes et avons proposé deux formations, l’une médicale, l’autre sur les activités éducatives.

En effet, au Caire, nous avons l’habitude de rencontrer de jeunes adultes qui vivent en rue, parfois depuis plusieurs années. Du fait que l’intégralité de nos soins est donnée en rue, nous avons développé beaucoup d’activités permettant d’exercer notre travail social en nous adressant à des bénéficiaires de tous âges, sans nécessairement qu’ils associent notre équipe aux entretiens psychosociaux qui, s’ils peuvent constituer un soulagement, peuvent aussi être des moments très douloureux. Le jeu permet d’exprimer ses émotions. Pour l’équipe, c’est un moyen d’éducation et d’observation privilégié. Nous espérons avoir contribué à améliorer la qualité des services proposés aux enfants et jeunes de la rue à Ouagadougou en partageant notre expérience avec le Samusocial Burkina Faso.

Nous avons remarqué que les enfants et jeunes adultes rencontrés en rue à Ouagadougou étaient très intéressés par la nouveauté et les activités. Ils avaient très envie de communiquer avec nous, même sous l’effet des toxiques. Le jeu semble une très bonne entrée en matière ici aussi avec les enfants. Il est facile à mettre en œuvre car il y a peu de circulation, on a de la place dans la rue, les riverains sont bienveillants et les enfants apprécient de partager ce type de moments avec l’équipe directement sur leur lieu de vie.

Par rapport au Caire, ce qui nous a marqué ici, c’est que les groupes peuvent être composés de très nombreux enfants et jeunes adultes, il n’est pas rare de venir sur un site et d’en découvrir plus d’une vingtaine assoupis. Ce qui nous a surpris par rapport au Caire, c’est qu’ici mendicité et petits métiers de rue rapportent à peine de quoi survivre, ce qui n’empêchent pas des enfants de rêver de la ville et de venir. Les enfants talibés sont particulièrement nombreux. Nous avons remarqué aussi le regard particulier porté sur « le blanc », il est avant tout vu comme celui qui donne de l’argent mais on s’en méfie aussi. Nous avons eu une causerie intéressante sur un site où nous avons expliqué que nous, égyptiens, faisions le même travail que l’équipe du Samusocial Burkina Faso, avec les enfants et jeunes adultes de notre ville, que nous étions certes « blancs » mais avant tout hommes, travailleurs sociaux, médecin.

Dr Youssef Naguib, Sherif Abd El Fattah, Mohamed El Sayed (Samusocial International en Egypte)

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